jeudi 2 décembre 2010
Glu, par Irving Welsh
Bienvenu en Ecosse ! Enfin, à Edinbourg. Voici un petit roman (Environ 650 pages) qui décoiffe et sait se détacher du politiquement correcte. Rien d’étonnant à cela puisqu’il est écrit par l’auteur de Trainspotting.

Si le style brute et cru peut choquer au premier abord, il a le mérite d’immerger parfaitement le lecteur dans l’ambiance décatie et assez nocive de ces cités. En revanche, la construction du récit est remarquablement structurée : quatre vies, quatre futurs copains, filmées à quelques instants clé au fil des décennies ; filent ainsi à tout allure les seventies, les années quatre-vingts, quatre-vingt-dix, pour échouer début 2000 avec des trentenaires bien tassés. Au cours des ans, toujours l’alcool, la drogue (et ses évolutions), et le sexe dominant ces existences. Tout en autopsiant cette cité au travers de ces quatre corps, l’auteur nous offre aussi quatre destins, et nous brule les yeux par l’injustice de la mauvaise naissance, des petits trébuchages adolescents qui anéantissent une âme pas plus mauvaise que la voisine. Mais dans cette sombre brume écossaise, pleine de bagarres stériles, de lendemain de cuite, de baises sans amour ni lendemain (amateurs de romantisme, passez votre chemin), de piquouzes et de cachetons, de pintes et de cannettes, de fumées de fonds de pubs ou de hash, de plus ou moins bonne musique, il y a aussi et surtout une amitié indéfectible qui lie au-delà des épreuves et de la mort ces quatre potes. Une petite lueur d’espoir et d’humanité dans ce sinistre smog écossais.
Je ne vous promets pas un bon moment, ce ne serait pas honnête. Mais une « putain » de secousse, ça oui ! Et je le conseille vivement en VO aux anglophones de mon entourage qui pourront peut-être me confirmer la qualité de la traduction.

Et en clin d’œil, pour aller jusqu’au bout de mon exploration écossaise, je me suis refait Bravehart juste derrière. Et bien, ça n’était pas si hors sujet, j’y ai bien retrouvé quelques traits de caractère intemporel dans le côté bagarreur et frondeur de ces sacrés écossais !
mercredi 15 septembre 2010
"Le mec de la tombe d’à côté" de Katarina Mazetti

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Un nouveau hors piste ! Je me suis retrouvé en « ville » à devoir poireauter sans aucune munition littéraire de prévue. Nécessité absolu donc de me réapprovisionner en urgence dans la première (et unique) maison de la presse venue. Je n’ai pas vraiment été embarrassé par le choix et j'ai porté mon dévolu sur une couverture qui m’était vaguement familière. Bonne pioche !

Un roman à deux voix. Deux points de vue qui, à priori, s’opposent totalement. Deux visions du monde fondamentalement différentes, mais qui vont tenter un bout de route ensemble. Un morceau de campagne brute comme une souche d’arbre et petit brin de citadine légère comme une « crevette ». Deux existences un peu en perdition, sans horizon, qui vont tenter de se créer une petite part de paradis commune et d’arracher un peu de bonheur dans ce bas monde. Mais le tenace quotidien refait toujours surface pour rappeler qu’il n’est pas facile de rêver pour deux. C’est bourré d’humour, d'ironie, de tendresse sans mièvrerie, de finesse dans le décryptage de l’âme humaine. Ça commence comme un conte de fée et ça fini… Non, non ça je ne le dirai pas. Pas plus que je ne vous dirais comment ça commence, ni la raison de cet étrange titre… Je ne veux pas vous gâcher toutes ces petites découvertes.

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lundi 16 août 2010
empêchons la lapidation de Sakineh

Puisqu'il est ici possible de parler de tout et de rien, j'en profite pour relayer la pétition contre la lapidation de Sakineh. Suit, le texte paru notamment sur Libération ; et en bas du billet le lien vers la pétition :

"Sakineh Mohammadi Ashtiani attendait dans la prison de Tabriz, à l’ouest de l’Iran, où elle croupit depuis cinq ans, la réponse à une demande de réexamen de son cas – prévue, initialement, pour le 15 août.

Son “crime” (qu’elle n’a avoué, rappelons-le, que sous la torture et qui consisterait, selon ses accusateurs, à avoir eu deux relations amoureuses hors mariage) avait déjà été puni par 99 coups de fouet administrés en présence de l’un de ses deux enfants.

Mais voilà qu’une nouvelle et nébuleuse accusation a débouché, il y a quelques mois, sur une condamnation à mort – et pas n’importe quelle mort puisqu’il devrait s’agir d’une mort par lapidation!

L’opinion internationale, touchée par l’horreur de cette menace qui pèse sur Sakineh, attendait avec elle la révision d’un verdict aussi inique que barbare – quand, le 11 août dernier au soir, se produisit l’un de ces coups de théâtre dont l’Iran commence à être coutumière : le régime diffusait à la télévision, dans une émission de grande écoute, les prétendus « aveux » de la jeune femme qui, couverte par un tchador noir qui ne laissait voir que son nez et l’un de ses yeux, tenant une feuille de papier entre les doigts comme si elle récitait une leçon mal apprise, une voix off en farsi couvrant sa propre voix qui s’exprimait dans sa langue maternelle, l’azéri, confessait sa supposée “complicité” dans le meurtre de son mari.

Son actuel avocat, Hutan Kian, a affirmé que cette déclaration, contraire à toute vraisemblance, a été arrachée, à nouveau, sous la torture et rapporte que les enfants de Sakineh sont, quant à eux, « complètement traumatisés » par l’émission.

Outre le fait que l’on peut avoir des doutes sur l’identité de la femme qui est apparue ce soir-là, sur les écrans, dissimulée sous un tchador étonamment couvrant, ces propos vont, par ailleurs, clairement à l’encontre de ceux rapportés par le Guardian, la semaine dernière, et où Sakineh expliquait que les autorités iraniennes l’avaient déjà, en 2006, lavée de cette accusation infame; qu’elles mentaient donc sciemment en revenant ainsi sur une charge abandonnée depuis longtemps et ce dans le seul but de semer la confusion dans les médias et de les préparer à une exécution à la sauvette; et que la “justice” ne s’obstinait sur son cas que « parce qu’elle est une femme » et qu’elle vit « dans un pays où les femmes sont privées de leurs droits les plus élémentaires. »

Que Sakineh soit privée de ses droits les plus élémentaires, cela ressort du fait qu’elle n’a même pas eu droit, dans cette affaire, à un jugement limpide, dans une langue qu’elle puisse comprendre (« quand le juge a prononcé la sentence, a-t-elle déclaré au Guardian, je n’ai même pas réalisé que j’allais être lapidée à mort car j’ignorais ce que signifiait le mot “rajam”; ils m’ont demandé de signer la sentence, ce que j’ai fait, et quand je suis retournée en prison et que mes codétenues m’ont avertie que j’allais être lapidée, je me suis immédiatement évanouie»); cela est confirmé par les mésaventures de son ancien avocat, Mohammad Mostafaei, celui-là même qui a attiré l’attention internationale sur son cas et qui s’est vu, pour cela, menacé d’emprisonnement (il n’a dû son salut qu’à la fuite en Turquie où il attend un visa pour la Norvège – mais non sans que son épouse, Fereshteh Halimi, ait été retenue en otage et emprisonnée); et cela est attesté, enfin, par le fait que, nonobstant l’horreur de la chose même, et quitte à entrer dans les détails les plus scabreux, une mise à mort par lapidation n’est possible en “droit” iranien que lorsque la famille de la victime en fait la demande (ce qui, dans le cas de Sakineh et de sa famille, n’est, evidemment, pas le cas!).

Mais par delà ces considérations dans lesquelles nous n’avons ni le goût ni peut-être, désormais, vraiment le temps d’entrer, il est urgent d’intervenir pour empêcher une mise à mort dont les observateurs de la scène iranienne ont tout lieu de redouter l’imminence.

Il est urgent de répondre à l’appel des enfants de Sakineh, Fasride et Sajjad Mohammadi Ashtiani, nous adjurant de ne pas fermer les yeux sur une mise en scène aussi grossière et de ne pas laisser leur « cauchemar devenir réalité ».

Il est urgent d’exiger des autorités, pour Sakineh, le renoncement à toute forme d’exécution, une remise en liberté sans délai et la reconnaissance de son innocence.

Des dizaines de femmes sont, chaque année, en Iran, condamnées au fouet, à la lapidation ou à d’autres peines dont la barbarie glace, tout autant, les sangs: il est urgent, au-delà même du cas de Sakineh, que l’ONU rappelle au régime des Mollahs les promesses faites, en 2002 et en 2008, quant à l’abolition de ce type de châtiments.

La vie d’une femme est jeu.

La liberté et la dignité de milliers d’autres se jouent également là.

Et il s’agit enfin de l’honneur d’un grand pays, doté d’une culture aussi magnifique qu’immémoriale, et qui ne peut se voir résumer, sous les yeux du monde, au visage ensanglanté, réduit en bouillie, d’une femme lapidée.

Pitié pour Sakineh.

Pitié pour l’Iran."


http://laregledujeu.org/2010/08/16/2616/signez-la-petition-il-faut-empecher-la-lapidation-de-sakineh/

Mary et Max
Mary et Max
Un film écrit, réalisé et créé par Adam Elliot

Mary, 8 ans, habite la banlieue de Melbourne. Son plat préféré est le lait concentré sucré suivi de très près par le chocolat. Max, 44 ans, vit dans le chaos new-yorkais. Il adore les hot-dogs au chocolat et jouer au loto. Ces deux êtres insolites vont entretenir une correspondance sur plus de 20 ans qui va bouleverser leur vie.

Une triste histoire qui fait rire. Dès le début de l’histoire on ne peut que s’attacher à ces deux personnages qui se posent des questions sur le monde qui les entourent et qui se satisfont de petits bonheurs.
Il m’est très difficile de dire ce que je n’ai pas aimé si ce n’est que le film se termine. J’avoue avoir beaucoup rigolé en le regardant vu la légèreté (au sens non-prise de tête) avec laquelle certains sujets sont traités, parce que, bordel, des fois faut arrêter de se la prendre, la tête !
La mise en scène est très soignée et l’aspect pâte à modeler n’a rien à envier à Wallace et Gromit.

Un grand film sur l’amitié, le pardon et le Sherry !

video

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dimanche 18 avril 2010
Aliens
Pour une activité si marginale, l’apiculture est décidément bien (trop) souvent d’actualité : problème de pesticides (Gaucho et ses petits copains), varroa, syndrome de désertion des colonies (en anglais il y a un nom qui sonne vachement bien du style « colony collapse disorder »), virus israélien (non le Mossad n’y est pour rien cette fois), vol de ruches et j’en oublie. On en vient à se dire que l’apiculture est une activité pour masochiste, et qu’il y a plus de chance de faire fortune en jouant au loto qu’en élevant des abeilles. Je ne suis pas maso (je le crois du moins), mais je n’aime pas le loto ; je continue donc allègrement de me faire piquer avec un certain contentement par mes butineuses (vraiment, pas maso ?).

Il semble pourtant que la coupe n’était pas pleine, puisqu’un nouveau perturbateur pointe son nez depuis quelques années. Il répond au doux nom de Vespa velutina, c’est un Hyménoptère de la famille des Vespidacées : une guêpe quoi ! Un proche cousin de notre frelon européen (Vespa crabo pour les intimes) pour être plus précis. Le commun des mortels l’appelle frelon asiatique. En effet, ce charmant insecte nous vient du Yunnan (Chine), une belle région qui ne se contente donc pas de nous fournir des thés de grande qualité ; dommage. Reconnaissons que ce lointain visiteur a des méthodes de voyage originales puisqu’il nous serait arrivé via une livraison de poterie !

Le petit problème, c’est qu’il se plait vraiment chez nous et est en bonne voie de coloniser toute la France. En outre il n’est pas si sympathique que ça.
En Dordogne où il est plus qu’abondant, il a déjà détruit des ruchers entiers. C’est qu’il aime la viande l’animal. Et ma fois, les abeilles, ça lui convient bien.
Pour les bons hommes non plus il n’est pas très aimables : il suffirait de trois piqure pour envoyer une personne normalement constitué (et pas allergique) à l’hôpital. Il serait également capable de projeter son venin sans piquer, notamment vers les yeux, comportement non connu de son cousin local. Bon ne dramatisons pas : il n’attaque pas gratuitement, seulement si l’on dérange son nid.
Voilà un petit aperçu de ce qui s’est dit dans une récente réunion locale. J’y également appris que ce brave frelon a été repéré à proximité l’an dernier et que donc il ne devrait plus tarder à se présenter dans mon secteur.
Au programme donc piégeage des femelles fondatrices dès que possible. Moi qui me demandais justement comment occuper mes journées !

NB : je n’ai pas encore de photos de frelon et c’est tant mieux ! ça viendra bien trop tôt. Pour des photos d’abeilles, mon site évolue (lentement) : http://brousarede.e-monsite.com/accueil.html

Pour en savoir plus sur le frelon asiatique (voir des photos par exemple) :
http://inpn.mnhn.fr/isb/servlet/ISBServlet?action=Espece&typeAction=10&pageReturn=ficheEspeceFiche.jsp&numero_taxon=433590
samedi 9 janvier 2010
Challenge ABC 2010 de Brousaréde
Voici mon challenge ABC pour 2010. Cette année ma liste est complète ; serait-ce de bon augure ?

En bleu ce qui est lu
En rouge ce qui est en cours
En maigre les autres

A : Atkinson Kate : A quand les bonnes nouvelles ?

B : Brönte Emily, Les Hauts de Hurlevent.
Boyle T. C. : Talk Talk.

C : Coloane Francisco : Le Sillage de la baleine (auteur qui m’a été conseillé par Louis Sépulvéda ; enfin presque !).

Colwin Laurie : Une Vie merveilleuse.


D : Dugain Marc : Une Exécution ordinaire.

E : Erskine Margaret : La Maison des enchantements (
ç’est le seul E qui trainait dans ma PAL, c’est donc un choix par défaut en attendant éventuellement mieux !).

F : Fitoussi Michèle : Des Gens qui s’aiment (
encore un choix poussiéreux issue de ma PAL ; mais plus engageant que le précédent).

G : Galtier-Boissière Jean : La Fleur au fusil.

H : Hugo Victor : Les Travailleurs de la mer.

I : Ionesco Eugène : Rhinocéros.

J :
Jonquet
Thierry : Mygale et Moloch.

K : Kasischke Laura : Rêves de garçons.

L : Levy Strauss Claude : Triste tropique.

M :
Martinez Carole : Le Cœur cousu.
Mosse Kate : Sépulcre.

Michelet
Jules : La Sorcière.
Millhauser Steven : La Vie trop brève d’Edwin Mullhouse.


N : Nucera Louis : Avenue des diables bleus.

O : Oates Joyce Carol : Les Chutes.
Orwell George : La Ferme des animaux.


P : Pancol Katherine : La Valse lente des tortues.

Q : Quint Michel : Une Ombre, sans doute.

R : Ridgway Keith : Mauvaise pente.

S : Salinger J. D. : L’Attrape-cœur.
Sepúlveda Luis : Les Roses d'Atacama.

T : Tonnerre Jérôme : L’Atlantique Sud.


U : Updike John : Cœur de lièvre.

V : de Vigan Delphine : Un soir de décembre.
de Vigan Delphine : No et Moi.
Vian Boris : Les Morts ont tous la même peau.

W : Welsh Irvine : Glu.
Wells H. G. : Miss Waters.

X : Xinran : Funérailles célestes.

Y : Yoshimura : Naufrages.

Z : Zweig Stefan : Un soupçon légitime.


Voilà ! Pour les lettres comptant plusieurs titres, je me réserve le choix final. Il me manque encore quelques ouvrages, donc la liste est susceptible d'évoluer.
Bon je file lire ; rendez vous dans un peu moins d'un an pour le bilan. Sauf si d'ici là quelques perles me mettent en verve !

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lundi 4 janvier 2010
Challenge ABC 2009 : suite et fin ?
Et voici déjà 2010. Et je n’ai pas terminé, loin de là, mon Challenge 2009. Mais heureuse surprise, il ne m’est rien arrivé de catastrophique : le ciel ne m’est pas tombé sur la tête (hormis quelques flocons ce matin), mes étagères de livres n’ont pas bronchées, aucune rebellions du côté des ouvrages que j’ai négligés cette année (trahis pourrait on dire !). Donc aucun maléfice sordide ne s’est emparé de moi ; ou alors je ne me rends comte de rien. Pourquoi donc ne pas retenter l’expérience puisque mon inconsistance littéraire reste impunie. Remettons le couvert !

Mais tout de même ne tentons pas trop le diable et procédons avant de publier ma nouvelle liste à une petite confession : un rapide bilan de mon Challenge 2009.

Je l’avoue, j’ai beaucoup péché. J’ai trop souvent glissé vers les plaisirs voluptueux du hors-pistes. C’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin. Et tant qu’à s’adonner à la luxure, autant s’y abandonner totalement et sombrer dans la facilité. Oui, j’ai négligé des ouvrages notamment au profit de thrillers, vite lu et bien souvent encore plus vite oublié. Ma faute et grande je le reconnais. Mais voyons ça dans le détail.

En bleu ce qui est lu
En rouge ce qui est en cours
En maigre les oubliés

J’ai engraissé ma liste d’une part mes hors-pistes de l’année, ce qui masque une part de mes lacunes !

A : ANOUIH Jean ; Antigone.

B : BARBUSSE Henri ; L’enfer ou Le feu, journal d’une escouade.
SHAFFER Mary Ann et BARROWS Annie ; Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates : Le deuxième auteur est en B ! On s’arrange comme on peu. Mais c’est pour le coup un hors piste de grande qualité et que je conseille largement. C’est un succès de librairie amplement mérité.

C : CHESSEX Jacques ; Le vampire de Ropraz : un fait divers à la Bellemare, mais traité de façon tellement détaché que je n’ai pas du tout accroché !
CLARKE Susanna ; Jonathan Strange & Mr Norrell : billet publié sur le Blog.
CHATTAM Max ; La Trilogie du mal : Un triple thriller hors-piste, mais du bon et du lourd. Pas de regret.
CARVER Tania ; Substitutions : ça par contre c’est du thriller tout ce qu’il y a de plus classique. Vite lu, vite…

D : DICKENS Charles ; David Copperfield : un décrochage estival. La reprise sera difficile.
DARNTON John ; La Conspiration Darwin : un polar historique sur fond de théorie de l’évolution des espèces. Méritait le détour.

E : ERNAUX Annie ; La place : sans commentaire.
ECO Umberto ; Le nom de la Rose : un classique dont j’avais tellement entendu parler que je n’ai pu attendre. Pour me consoler du précédent dirons-nous !

F : FERMINE Maxence ; Neige (suivi de Le Violon noir) : Deux nouvelles charmantes, un peu lyrique.

G : GARY Romain ; Les Racines du Ciel.
GAILMAN Coraline; Coraline : uniquement pour repêcher mon « G » ! Un moment très agréable toutefois.

H : HOUELLEBECQ Michel ; Extension du domaine de la lutte : billet publié sur le Blog.
HUXLEY Aldoux ; Les Corbeaux De Pearblossom.

I : IRVING John ; L’Hôtel New Hampshire.

J : JARRY Alfred ; Ubu Roi.

K : KNEALE Matthew ; Petits crimes dans un âge d’abondance : billet publié sur le Blog.

L : LE CARRÉ John ; La constance du Jardinier.
LEE Harper ; Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur : billet publié sur le Blog.
LE BRIS Michel ; La Porte d’or : j’accroche pas du tout.

M : MAURIAC François ; Le Nœud de vipères : un décrochage regrettable car j’aimais bien. A reprendre.
MALRAUX André ; Les Conquérants.
Mc CARTHY Cormac ; Méridiens de sang.
Mc CARTHY Cormac ; La Route : Ces deux ouvrage de Mac Carthy, je les ai lu un peu à la suite. Le style est très particulier, pas facile à suivre avec un usage de la ponctuation bien à lui et des phrases souvent très longue. Mais ça donne aux deux romans une épaisseur toute particulière. Aucun des deux n’est très léger, mais j’ai trouvé (et ne suis pas le seul) « Méridiens de sang » d’une rare violence.

N : NYSSEN Hubert ; La leçon d’apiculture (L’Italienne au rucher) : évidemment un choix guidé par le titre ! J’essaierai de le finir, mais il m’énervait un peu !

O : ORMESSON Jean d’: une grosse faute : je n’ai même pas choisi de titre.

P : PEREC Georges ; La vie mode d’emploi.
PANCOL Katherine ; Les Yeux jaunes des crocodiles : Encore un hors piste. J’ai adoré ! Un vrai rayon de soleil !

Q : QUENEAU Raymond : pas mieux que pour d’Ormesson.

R : ROTH Philip ; Quand elle était gentille : j’ai eu un peu de mal, mais peut-être par manque de disponibilité (lecture estivale). J’ai préféré « La tâche » lue en 2008.
ROWLING J. K ; Harry Potter et les reliques de la mort : un coup facile.

S : SEPULVEDA Luis ; Le neveu d’Amérique : billet publié sur le Blog.
SEPULVEDA Luis ; Un nom de torero : un polar à la Sépulvéda : un délice.
SOLJENITSYNE Alexandre ; Une journée d’Ivan Denissovitch : en cours et en bonne voie, avec un peu de retard, d’accord.
STEVENSON Louis ; La flèche noire : billet publié sur le Blog.
STEINBECK John ; À l’est d’Éden : un classique, superbe.

T : TROYAT Henri ; La Traque : pas convaincu. Il me faudra lire autre chose de Troyat.

U : UPDIKE John ; Les sorcières d’Eastwick : billet publié sur le Blog. Mais je re-signe pour un an, avec un autre titre.

V : VIAN Boris ; J’irai cracher sur vos tombes.

W : WETHERELL W. D. ; Un siècle de novembre.

X : Pas choisi d’auteur. Pour le Challenge ABC, c’est la lettre maudite. Je décrète, qu’au vu du nombre d’ouvrages que compte ma lettre « S », je suis absous de cette négligence pour 2009.

YOSHIMURA Akira ; La jeune fille suppliciée sur une étagère : billet publié sur le Blog.

ZOLA Émile ; La Fortune des Rougon.


L’objectif n’est donc pas atteint. L’avantage c’est que j’ai une chance de faire mieux cette année. Je vais remettre en jeu les ouvrages que j’ai négligés qui donc s’ajouteront à ma liste 2010. Mais je fais exception de ceux que j’ai commencés et qui ne me plaisent pas. On en reparle dans un an ?

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dimanche 3 janvier 2010
Bonnes résolutions...
Cette année je prends une bonne résolution : je m'engage à ne pas faire le Challenge ABC ! J'aurais bien essayé de le faire mais comme le disais si bien César : "Je suis venu, j'ai lu, j'ai été vaincu". Néanmoins, j'espère que certaines personnes seront plus braves que moi et relèveront le defi des 26 romans dans l'année. Cela ne veut pas dire que je ne lis plus, bien au contraire, mais je me vois mal présenter des livres de pédogagogies et autres panacées soporifiques. Je souhaite tout de même une bonne et heureuse année à tous les fidèles de l'auberge du chat noir. Pour prouver ma bonne foi ainsi que pour me résoudre à poster plus régulièrement, voici quelques photos en perspective d'un billet sur Plymouth !


The Barbican


Smeaton's Tower et vue depuis notre humble salon


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jeudi 10 décembre 2009
Empilage


Je l’ai dit, j’ai bouclé mes abeilles pour l’hiver. J’ai donc un peu plus de temps pour trainer au chat noir. Mais la nuit uniquement ! Ces jours-ci, aussi court soit-ils, j’ai encore un peu temps à consacrer à mes terrains. Très accidenté mes terrains. Les seuls secteurs de plats ne doivent leur douce (et relative !) horizontalité qu’aux murs de soutènement : des terrasses (les bancels du vocable local) construites aux fils des siècles par des générations d’hommes (et certainement de femmes). Un héritage en quelque sorte, qu’il faut entretenir et perpétuer.
C’est en grande partie ce qui fait qu’ici plus qu’ailleurs on ne se sent que de passage. Simple locataire d’une terre qui ne nous appartient pas. Même si quelques actes notariés affirment (très temporairement) le contraire. L’esprit de mes prédécesseurs hante encore tous ces murs, et me rappelle à quel point ces terres se moquent de tout esprit de propriété ! La lente usure des temps est là pour nous l’indiquer : sans entretien, avec le travail combiné de l’érosion et des sangliers, tout retourne à la à rivière. Question de patience et il ne reste à l’heureux propriétaire qu’un amas de terre mêlé de pierre totalement impropre à toute culture et à tout élevage ; sauf peut-être celui des lézards qui se complaisent particulièrement en ces ruines ; pas très nourrissant toute fois ! Donc quand le temps le permet (dans tout les sens du terme), je m’attelle à réfection d’ancien bancels ou à la création de nouveaux murs.



C’est un travail assez fastidieux, particulièrement parce que l’on sait que c’est une lutte perdue d’avance : il y trop à faire avec trop peu de main d’œuvre (rien que chez moi, il doit y avoir pas loin d’un kilomètre linéaire de murs, de hauteurs variables, pas tous debout, et quelques uns penchant du côté où ils vont tomber). Mais en soit ça reste un boulot passionnant. Peut être est-ce une rémanence de ma passion enfantine des Lego : le goût de l’empilement (et un empilement qui dure) ! Plus sérieusement, c’est le type même du travail valorisant : le résultat est visible et durable (du moins si l’on a correctement œuvré !). Concrètement, les gestes sont restés ancestraux puisqu’il s’agit de construction en pierre sèche (sans mortier). Le montage du mur consiste en un simple ajustement des pierres entre-elles. Simple non ! Les plus hauts murs ainsi bâtis à proximité de chez moi « culminent » à 4 m ! Avec un fruit (1) quasi nul et des escaliers intégrés. A mes yeux, de petites merveilles. En se baladant un peu, on découvre de nombreux petits aménagements différents, tous ayant leur utilité : voute pour laisser passer une source, contrefort pour consolider certaines constructions, agencement des escaliers pour optimiser la circulation…



Une petite part de l’histoire du lieu se laisse parfois dévoiler : ici c’est une brèche qui a été restaurée ; certains ensembles bâtis avec une grande homogénéité, prouvent une relative aisance lors de la mise en œuvre du projet ; ailleurs, les époques se chevauchent, les murs ont été rehaussés bien après leur première élévation, laissant voir désormais à mi hauteur les anciennes pierres de tête. En outre, le coup de main des anciens constructeurs reste visible, signature primitive et discrète qui trahit les talents d’illustres anonymes.

C’est donc là que réside une belle part de l’art des Cévennes. Un art au service direct de l’habitant et de ses besoins vitaux, mais qui pourtant, pierre après pierre, mur contre mur forme un pays et une œuvre unique.

1 : le fruit , c’est l’inclinaison que l’on donne au mur pour lui conférer une meilleur résistance à la poussée exercée par la terre qu’il retient.

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vendredi 20 novembre 2009
Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke

Etrange objet que ce livre. Tout de noir vêtu, tranches comprises. Le miens du moins puisqu’il semble que d’autres coloris existent. En tout cas il n’a jamais changé ni de couleur ni d’aspect lors de sa lecture. La magie ne serait donc que dans les textes. Car les sieurs Norrell et Strange sont magiciens : des magiciens anglais du XVIIIe. Et comme chacun le sait, la magie anglaise de cette époque est bien loin de son apogée. C’est avec les guerres napoléoniennes comme décors que ces deux magiciens vont tenter de redonner tout leur titre de gloire à cette magie en déclin. Nous allons donc durant plus de 800 pages suivre leurs progrès, leurs luttes intestines, les conséquences fâcheuses de leur apprentissage (le terme d’apprenti sorcier retrouve d’ailleurs ici son sens premier !).
Tout l’ouvrage est annoté de compléments issus de rares et fictifs ouvrages de magie, offrant un réalisme fantastique à la lecture. C’est bien ficelé et les envoutements fonctionnent à merveilles sur le lecteur.

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mercredi 4 novembre 2009
Vive la pluie !



À cette saison, c'est plus calme, elles sont un peu moins nombreuses qu’en début d’été (au total, à peine un petit million contre deux ou trois millions au moment de la récolte (1)).
Elles sont soignées contre le varroa (2), barricadé contre les petits visiteurs mal intentionnés qui voudraient piller leurs réserves et surtout nourries en vue de la morte saison ; et suffisamment je l’espère. Reste quelques kilos de miel à distribuer et je pourrais les oublier (est-ce possible ?) jusqu’à la fin de l’hiver.
Car si la belle saison m’a offert une assez belle récolte (merci les filles !), l’automne n’a pas du tout été favorable aux abeilles cévenoles : pas d’eau, pas d’eau et encore pas d’eau. Donc pas de fleurs, pas de fleurs et toujours pas de fleurs. Après l'habituelle sécheresse estivale, impossible pour mes petites bourdonneuses reprendre le boulot : butiner leurs habituelles floraisons automnales et de constituer elle-même leurs provisions hivernales. Et sans réserve, c’est la famine, la mort probable de la colonie avant la fin de l’hiver et le retour des premières ressources mellifères. Il m’a donc fallu nourrir ; et en masse !
Et durant toute cette tardive sécheresse, on me serinait à la radio « l’exceptionnel beau temps de l’automne ». J’enrageais.
Si la météo fût néfaste pour les abeilles, elle le fût également pour l’ensemble de la « paysannerie » : pas d’eau en automne, et se sont également les pâtures qui ne reverdissent pas et les bergers qui galèrent. A ma modeste échelle, j’en ai fait les frais : chèvres nourries au foin pour tenter de limiter les échappées (c’est coûteux, mais la paix n’a pas de prix !). Et évidemment, les sources qui tarissent : et non tout le monde n’a pas l’eau de la ville ! Il faut croire que les prévisions météo n’ont pour public et objectif que les touristes et autres baigneurs égarés dans nos contrés. Il est vrai que je suis un intarissable râleur associable. Mais tout de même un peu de pudeur sous la chaleur, please !

L’ironie de la situation, c’est qu’en général, la période de sécheresse prend fin avec un de ces fameux et bientôt célèbre « épisode cévenol » : un splendide déluge, qui ravage tout sur son chemin, emporte murs et bancels (3) et inonde les maisons, même dans nos régions montagneuses ! Décidemment, jamais content et toujours à râler ces paysans ! (4).

1 : chiffres très approximatifs, j’admets bien volontiers ne pas avoir recompté : en théorie une colonie compte suivant son stade de développement entre 20 000 et 80 000 individus.

2 : le varroa est un petit acarien parasite de l’abeille, originaire d'Asie, introduit depuis seulement quelques dizaines d’année en France, présent dans toutes les ruches, et entrainant, sans soins adéquat, un déclin inéducable des colonies, l’abeille européenne (ou domestique) ne s’étant pas encore adapté à ce parasite.

3 : mot cévenol pour terrasse de culture.

4 : pas cette année semble-t’il. Ouf !

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samedi 31 octobre 2009
La Flèche noire de Robert Louis Stevenson



Un vrai roman de cape et d’épée par le célèbre auteur de « Voyage avec un âne dans les Cévennes » et de « L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde ». De l’amour courtois, de l’amour tout court et une fin de conte de fée, morale comprise. Entre les deux, un roman historique sur fond de conflit entre les Lancastre et les York durant la Guerre des deux roses (1455 - 1487). Beaucoup de mort : on pend comme l’on mange et l’on éventre comme l’on boit ; et on boit beaucoup ! Pour le jeune héros dont, au fil des pages nous suivons les aventures, c’est un parcours initiatique qui, par la découverte de l’amour, par quelques rencontres clés, lui permet de passer de l’être frustre et guerrier qu’il est au commencement de l’ouvrage, à un personnage qui prend conscience des conséquences irrémédiables de ses actes. Rafraichissant et à ne surtout pas laisser aux seuls jeunes lecteurs.

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mercredi 28 octobre 2009
La Jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira Yoshimura


Un vrai roman de chalenge ABC : une lecture tout spécialement pour remplir ma case Y. Une chance que le récit qui a donné le titre à l'ouvrage soit bref (c’est plutôt une grosse nouvelle). Cette histoire, dont la narratrice est une très jeune morte au corps vendu à la science pour étude, est tellement sordide qu’il en perd tout intérêt. C’est peut-être très bien écrit (d’après la quatrième de couverture), et en effet ça démarre bien, mais pour trop rapidement sombrer dans l’excès, voire le vulgaire. En fait, je n’avais vraiment pas envie de m’attarder sur l’élégance des phrases tant le fond était dégoûtant.
Le second récit (Le sourire des pierres) compense la peine apportée par le premier. Toujours sur le thème de la mort, cette nouvelle gagne en intérêt par un suspense qui manquait cruellement au premier récit et justifie vraiment qu’on s’y attarde.
Mon conseil : piétiner la belle morte de la première nouvelle (pour ce qu’il en reste à la page 77) pour rejoindre (p. 81) les survivants du second récit.

Toutefois, je garde le Y de Yoshimura pour mon éventuel Chalenge 2010. C'est suffisamment original pour mériter un repêchage.

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lundi 12 octobre 2009
Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq


Si pour vous tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, que votre travail vous comble, que vous vivez le plus parfait amour, que vos enfants sont les plus beaux du monde et que les doigts d’une main ne suffisent pas à compter vos plus fidèles amis, ne lisez pas ce livre. Oubliez également de finir la lecture de ce billet.

Le « héros » de ce court roman jette un regard plein d’une juste amertume sur le monde qui l’entoure. Malgré une indéniable réussite sociale (au vu de son salaire du moins et de son propre aveu), il constate l’effrayant naufrage du reste de son existence : plus de vie amoureuse, plus d’amis, aucun intérêt extra-professionnel, et guère plus d’intérêt pour son boulot (aucun en fait !). Au fil des pages, et à l’occasion d’un périple professionnel en province, il continuera à sombrer dans une langueur de plus en plus nocive pour lui comme pour son rare entourage.

En nous proposant une vision sans concession de notre société, en nous plaçant délibérément du côté des perdants dans un monde ou le libéralisme peut être étendu tant aux biens qu’aux personnes, Michel Houellebecq nous décrit une douce descente vers les enfers de la dépression, une chute qui paradoxalement, dans la première partie de l’ouvrage du moins, est loin d’être dépourvu d’humour. Un roman touchant, plein de justesse, dont l’antihéros ne peut nous laisser totalement insensible.

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mercredi 17 juin 2009
Petits crimes dans un âge d’abondance de Matthew Kneale

Des nouvelles pour changer. En règle générale, ce n’est pas mon format favori, mais à l’occasion, et avec un titre un peu accrocheur comme c’est le cas ici, je peux céder à la tentation.
L’argent est le principal criminel de l’ouvrage et le lien un peu maléfique entre les différentes nouvelles qui nous transportent d’un bout à l’autre de notre planète. On voyage beaucoup avec Matthew Kneale : plusieurs passages en Afrique, en Chine, en Italie, avec de nombreuses pauses à Londres, pour finir (dans tous les sens du terme) en Palestine avec une ultime nouvelle, dont je ne dévoilerai rien, mais que j’ai trouvé très touchante et nous proposant une autre vision du très médiatisé problème palestino-isralélien.
L’argent est donc le grand manipulateur de chacune de ces tranches de vie. En Chine ou en Afrique, c’est la confrontation de modes de vie définitivement en opposition qui entraîne de grands ou petits drames. Ainsi, c’est un business-man occidental qui, à la suite d’un banal accident de la route, et confronté à la réalité du monde africain, va remettre toute sa confortable existence en jeu… Pendant quelques heures pour reprendre le fil habituel et tranquille de son ancienne vie. Mais lisez « Métal » et découvrez la chute de cette nouvelle, vous reconnaîtrez que je n’ai rien dévoilé.
Dans « Poids », c’est l’amour qui se frotte à la puissance de l’argent occidental, avec une pointe (un pieu même !) de jalousie pour épicer le tout. La première nouvelle se déroule en Chine et est particulièrement kafkaïenne. Superbe, mais un peu déprimante. Mais ça vaut le coup de continuer, quelques-unes ne se terminent pas trop mal, et certaines sont assez drôles (celles avec le couple de dealers amateurs en particulier).

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Mort d’une étoile


L’élevage n’apporte pas que des plaisirs. Des animaux naissent, d’autres meurent. C’est ainsi que la petite Starlette qui avait été l’héroïne du billet sur « l’exactitude caprine » n’est plus. Revenue il y a quelques jours avec une vilaine fracture ouverte qui ne me laissait que peu d’espoir pour son avenir, le vétérinaire a confirmé hier ma pessimiste analyse en y posant les froids mots de sa profession : fracture du tarse arrière droit. Il a donc fallu l’euthanasié pour continuer à employer le sombre jargon médical.

Cela dit, il me faut reconnaître qu’il y a plus d’humanité et de pédagogie chez mon véto, que chez le spécialiste qu’il m’a fallu consulter, il y a quelques mois, pour un problème de santé personnel. Même si, par chance, j’étais très loin du stade de l’euthanasie, ça donne à méditer !

C’est donc un petit morceau de Brousarède qui part, mais les montagnes cévenoles sont habituées à ces modestes érosions organiques. Il en va ainsi, et place aux vivants. La casquette de meneuse portée jusqu’à présent par Starlette sera probablement endossée dans quelques mois par Caprice sa petite sœur cornue, d’une génération plus jeune. Lolita gardera bien évidemment sa place de reine dominante, distribuant avec son habituelle générosité d’élégants coups de cornes aux plus grands comme aux plus petits (sauf à moi, respect du père nourrisseur oblige !).


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lundi 15 juin 2009
Chronique d'un retour en France
Tout a une fin, aussi bien les bonnes que les mauvaises choses. Notre séjour à Galway n'était ni bon ni mauvais, il avait ses bons et ses mauvais côtés.

Le chemin du retour fut beaucoup plus agréable que prévu. Il est vrai que l'idée de traverser l'Irlande avec un utilitaire rempli à ras-bord et surtout conduire avec le volant du mauvais côté ne me faisait pas fantasmer plus qu'une tartine de Marmite... Le trajet a été plutôt bon au final ; très peu de circulation, une canicule Irlandaise supportable.

Après un plat de lard au choux et à la sauce persil, nous voilà prêt à embarquer sur ce magnifique bâtiment fraichement repeint (ça cache la rouille !) :



Notre ferry, l'Oscar Wilde, partait de Rosslare à 16.00 pour arriver le lendemain à 10.30 à Roscoff, pays du chou fleur et exportateur d'oignons en Angleterre via les fameux Johnnies !



La traversée en ferry s'est très bien passé : tour du ferry traditionnel, visite de la boutique et, et, et, soirée au pub avec un spectacle original qui est le même depuis six ans...au moins... mais les danseuses changent ! Pas de photos de ça désolé, la prochaine fois peut-être !



Pour ceux qui fulminent de ne pas voir de photos de nous il y a bien celle-ci :



ou celle-là :



Et après 5 heures de routes, 18 de traversée et plusieurs pintes au bar (plus un jus d'orange microscopique) nous revoilà en Bretagne on l'on peut admirer comme en Irlande de magnifiques couchers de soleil !


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mercredi 10 juin 2009
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper LEE

Alabama, années 30. Une petite fille de 9 ans nous raconte, avec la naïveté propre à son jeune age, mais non sans une grande vivacité d’esprit, quelques-unes de ses années d’enfance. Des années empesées par l’ambiance inquiétante du procès d’un jeune noir accusé de viol et défendu par le père de Scout, notre narratrice. Atticus est un avocat atypique tant pour le lieu (une petite ville du Sud des États-Unis) que pour l’époque (lourdement marqué de ségrégation et de racisme). Personnage attachant, porteur d’une grande sagesse, tout en gardant une belle part de mystère, c’est véritablement lui le personnage central du roman. Malgré la gravité du sujet, ce récit reste lumineux, le drame allégé par la légèreté de la narratrice. Ce roman a connu un immense succès aux Etats-Unis et c’est le seul qu’a publié son auteur. Paru en 1960, cet ouvrage n’a pas pris une ride : à ne pas manquer.

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mercredi 3 juin 2009
Chronique d’un printemps massacré



Chaque printemps, peu après que les châtaigniers nous aient offert leurs nouvelles frondaisons, les Cévennes s’obscurcissent d’un mal récurent. Alors que tout revit, que la nature resplendit, d’infernales équipées motorisées envahissent les bitumes sinueux des montagnes cévenoles. Plusieurs semaines avant la date honnie du tristement nommé « rallye de Lozère », les routes, publiques pourtant, sont investies par les reconnaissances des concurrents du rallye. Dès lors, garez-vous, bouclez vos animaux, désertez ces chaussés soudainement devenues aussi hostiles que dangereuses pour les usagers habituels.



La sécurité routière nous abreuve d’injonction à bien nous conduire (sans jeu de mot) sur les routes. Elle a même décrété une journée de la « civilité au volant ». Pourtant ici c’est un peu la loi de la jungle qui est officiellement instituée pendant quelques semaines, permettant pour quelques centaines d’Euros, à une certaine élite de s’offrir des sensations fortes sur les routes publiques, de menacer nos vies et d’esquinter nos malheureuses oreilles. Et ce n’est là que prémices.

Car il faut bien qu’advienne le jour J, sûrement fort attendu de ces maniaques du volant et de quelques malheureux spectateurs en manque de vacarme et d’infernales pétarade. La route, lieu public s’il en est, devient alors interdite au quidam et mise à l’unique disposition de cette triste engeance. Place alors à la reine décibel.

Aux riverains, prévenus quelques jours avant seulement et par simple affichage, il ne reste que l’alternative de fuir (à l’aube avant la fermeture) ou de subir (toute la journée).



Et l’on nous parle de nécessité d’écologie, d’économie de carburant, d’émission de carbone…. Une pub circule actuellement sur des ondes nationales vantant le calme de la nature Lozérienne ! Belle blague. Quant à la sécurité routière, quel exemple offre t’elle ? S’étonnera-t’on par la suite de la conduite « sportive » de certains sur les mêmes lieux et tout au long de l’année !

Certains plaideront la passion « il faut bien qu’ils puissent vivre leur passion » sic ! Une passion qui cette semaine me brise les oreilles, dans quinze jours ceux de mes voisins dans un proche département, le mois prochain un peu plus loin, etc. Une nuisance pérégrinante en quelque sorte ; de charmant partageur de décibel en fait ces braves coureurs. Aucune raison d’assourdir les mêmes chaque week-end. Dispensons, prodiguons les bienfaits de nos moteurs et les délicats fumets carbonés de nos pots d’échappement au plus grand nombre. Étalons la merde, la couche sera moins épaisse en somme. De vrais écolos des temps modernes ces « sportifs » finalement. Ils devraient penser à la politique, le seul endroit où l’écologie ait un avenir, ils y ont un réel potentiel.




D’autres targueront que ce n’est que le temps d’une journée. Mais dans une semaine passeront des hordes de motards en pleine itinérance printanière (curieux phénomène d’ailleurs que ces éclosions motocyclétique chaque printemps, mais où donc hivernent ces étranges animaux ?). Puis viendra le temps des quads pour lesquels on prévoit l’aménagement de pistes en forêts dans le cadre du « développement durable » (si si, je n’invente malheureusement pas !). Plus tard, à l’heure où les feuilles jaunissent ce sera l’époque des champignoneurs qui ne peuvent découvrir le moindre cèpe sans moult appel (« t’est où, Hou !, Hou ! ») ; et ils en trouvent ! La méthode doit donc être efficace. Je vous épargne les joies de la période estivale avec ses nuées de baigneurs hurlants (si elle est si froide, faut aller à la piscine !) et les meutes caoutchoutées des rando-canyoneurs, guère plus discrets que les précédents (en tout cas, pas discret du tout au goût de la microfaune aquatique !).



Sinistre société où les espaces soi-disant naturels ne sont plus que des zones de divertissements, ou calme et silence sont refoulés toujours plus loin comme les nuisibles d’une autre époque.


Légende des illustrations : quelques photos du rallye de Lozère (images non contractuelles)

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samedi 23 mai 2009
Parce que cela faisait un moment que l'on avait pas vu de chat ici